Défi du Grand colombier épisode 5: Hommage à cœur ouvert

PONT DU DIABLE ST MARCELLIN

Mes chers amis. Vous vous demandez et vous me demandez ce que pense un coureur cycliste pendant des longues sorties.
Voici quelques réponses :
Tout d’abord personnellement je profite de l’instant présent. Souvent je trace mes sorties à l’avance de manière à passer dans des endroits sympas pour les yeux et tous les sens. Aussi je profite de ce qui m’est offert.

Ensuite je pense souvent aux solutions que nous pourrions mettre en place pour faire avancer la cause qui m’est chère.

Enfin je pense à des personnes qui m’ont été chères ou qui me sont chères, car chaque kilomètre, chaque endroit chaque moment peut me rappeler quelqu’un

 Dans la série d’épisode qui vont venir, je souhaiterais rendre une série d’hommages aux personnes qui ont marqué ma vie et qui ont fait de moi la personne que je suis. Aussi avec l’illustration par des photos de mes sorties voici une première série d’hommages à mes chers disparus.

CHENEREILLES

Aujourd’hui, c’était sortie longue à travers le Livradois/Forez. Que du bonheur sous le soleil

Le premier hommage concerne les personnes disparues avec en premier lieu ma belle-maman disparue l’année dernière. Tu vois, toi que j’appelais affectueusement « Ayom » (maman en kabyle), je n’ai jamais osé te tutoyer par respect et par admiration. Aujourd’hui je le fais car depuis que tu es partie un grand vide règne autour de nous, toi qui était le ciment de la famille.

A travers toi j’ai également une pensée pour tous ces disparus qui m’ont forgé et à qui je pense très souvent quand je suis sur le vélo. Je pense à mon Arnaud disparu alors que nous avions 17ans, chaque fois que je passe là je pense à toi. Je pense à ma Babelle, ma confidente. Toi qui ne m’a pas laissé le temps de te présenter celle que tu m’avais conseillé de prendre comme compagne en laissant guider mon cœur. Tous les deux vous êtes à l’origine de la colère qui est en moi. Colère envers l’injustice tellement votre départ vers l’au-delà de façon si précoce, alors que vous aviez, que nous avions l’avenir devant nous, est une immense injustice et m’a laissé dévasté, nous qui avions partagé tant de délires.

MONTARCHER

Je pense également à mon grand père paternel. Toi qui m’as mis, dès mes 6 ans sur un vélo, qui m’a donné cette passion pour le tour de France, toi le limousin, fan bien évidemment du grand Poulidor et des duels sur les pentes du Puy de Dôme avec le grand Jacques Anquetil. Comme tu serais fier de cette photo de ton arrière petite fille avec Poupou. Toi qui as laissé ma très gentille mémé seule avec ses 4 enfants pendant la seconde guerre pour rentrer dans la résistance, toi qui avais jeté le revolver que tonton Marcel et papa avait trouvé dans ta cachette dans la Dordogne. Pépé tu as été un guide sur le vélo et à chaque orage pris sur le coin de la courge à vélo je pense à toi et à cette journée de juillet où nous avions pris ce terrible orage à 200 m de la maison alors que nous étions sortis toi à mobylette et moi à vélo derrière. Mémé tu as été une guide dans la gentillesse. Même dans la galère de la guerre tu t’arrangeais pour récolter des vivres pour les envoyer à la famille sous les bombes au Creusot, pendant que d’autres membres de la famille s’adonnaient au marché noir et te laissait seule avec tes 4 fils

Enfin je pense à mes grands-parents maternels. Vous m’avez inculqué la notion de travail, de rigueur. Pépé derrière ton autorité tu étais sensible. Toi qui m’as dit un jour : « ton grand-père était adroit, ton père était adroit, il n’y a pas de raison que tu ne le sois pas ». Ces paroles raisonnent encore en moi. Elles m’ont fait prendre conscience que tout était possible, que dans la vie il fallait oser et qu’avec le travail tout pouvait arriver. Toi qui à oser sauter du train qui t’emmenait vers l’Allemagne et le service de travail obligatoire, ce qui t’a obligé à rentrer dans le maquis pour te cacher. Toi qui a échappé, par miracle, à une rafle parce qu’avec mémé vous aviez pris le temps de manger une boite sardines au bord d’un étang avant de rentrer.
Mémé tu n’étais pas en reste pour suivre le rythme effréné de pépé. Quelle femme courageuse tu as été. Toi qui remplaçais les bœufs dans les champs et tirais la charrue dans les prés pendant la guerre. Cet épisode qui t’a permis de rencontrer pépé, qui au détour d’un chemin alors qu’il cheminait à vélo t’avait vu tirer cette lourde charrue et t’avait remplacé alors qu’il ne te connaissait pas. Il ne savait pas alors qu’il faisait la rencontre de l’amour de sa vie. Il t’en a fallu aussi de courage pour quitter cette vilaine belle-mère qui avait osé cracher à ton beau visage et quitter ton premier mari alors prisonnier en Allemagne. A cet époque ça ne se faisait pas!! Ce courage tu me l’as inculqué. Quoi qu’il arrive on ne lâche pas !

On ne lâche pas tout comme ma belle maman n’a jamais rien lâché. Toi qui m’as accueilli dans ta maison comme ton fils. Vois-tu, tu avais ce sens de l’accueil. Tu m’as fait découvrir cette culture maghrébine qui fait qu’à chaque visiteur une assiette est prévue à table. Ce sens du partage, de l’accueil. Toi la femme courageuse qui a accueilli et aidé tant de personnes. Toi qui a échappé aux soldats allemands alors que tu n’avais que 5 ans, ce qui t’avait laissé handicapé de la main. Toi qui avais perdu ton papa à l’âge de 7ans. Toi la déracinée, arrivée en France en 1962, qui fut mariée trois fois et veuve alors que ma petite Chala n’avait que 7ans et qui a élevé tes 5 enfants sans trop de ressources et en parlant peu français. Toi qui nageais à contrecourant, qui sortait en tailleur. Toi la musulmane qui acceptait de rentrer dans les églises. Toi le modèle d’intégration à qui on a refusé de donner la nationalité française à la fin de ta vie alors que tes frères se sont battus pour la France. Toi le modèle de tolérance qui a accepté de me donner la main de l’amour de ma vie : la belle, la gentille Chala, alors que beaucoup ne souhaitait pas de cette union. Toi qui a toujours choisi le bonheur de ta fille plutôt que de te plier aux « traditions ». Pour tout ça belle maman merci. Vous avez été un exemple et un modèle pour beaucoup de femmes. Vous resterez tout le temps à mes côtés et vos conseils seront toujours dans notre tête. Je vous embrasse tendrement.

Voila j’en ai fini pour cette série d’hommages à mes chers disparus
A bientôt pour un nouvel épisode et une nouvelles séries d’hommages. Surprises

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