Défi du grand Colombier: épisode 8: Ma douce ma belle

Nous y sommes ! derniers préparatifs, derniers tours de pédales avec ma chère et tendre, juste pour le plaisir.
Voila mes belles ce que j’avais à vous dire.

Ma chérie, cela fait maintenant 28 ans que nous vivons côte à côte.
J’aurais aimé que la vie pour toi te soit plus douce.
Toi qui après une enfance si difficile, avec la perte de ton papa si jeune, toi qui n’avais pas tout ce que tu voulais, enfant, tu aurais mérité une vie calme et sereine. Bien évidemment même si tu n’as pas eu tout ce que tu voulais plus jeune, ton enfance fut tout de même heureuse au côté de ta douce maman.
Après cette enfance tu n’as pas pu profiter de ta jeunesse, de l’insouciance de tes 20 ans, sur protégée par ton grand frère.



Puis nous nous sommes rencontrés, chez ton oncle et ta tante, à l’occasion d’une nouvelle dure épreuve. Aujourd’hui je remercie celle qui est au ciel qui nous a permis de nous rencontrer. Je remercie ton oncle, ta tante, ta maman et ton frère de m’avoir accepté, car ce ne fut pas simple.
J’aurais aimé, donc te donner une vie plus douce, mais le destin une nouvelle fois s’est acharné avec la naissance de notre belle Océane et son double handicap : aveugle et autiste.
Quelle claque pour nous.
Depuis des années nous nous battons tous les deux pour améliorer son quotidien. Pour qu’elle soit le plus autonome possible. Mais que c’est dur.
Dur de l’entendre crier. Dur de ne pas la comprendre. Dur de la voir partir dès le plus jeune âge à Clermont.
Comme je sais que tu souffres de cette situation, même si tu ne m’en parles pas et reste secrète sur ce que tu vis. Souvent je te surprends à regarder les autres mamans avec leur fille. La complicité. La possibilité d’aller ensemble faire des emplettes. Comme tu aimerais pouvoir le faire avec notre belle Océane.

Heureusement il y a nos fils, dont nous sommes si fiers. Ils nous apportent tellement de joie à travers leurs exploits sportifs, mais également quand nous voyons les sacrés bonhommes qu’ils sont devenus.
Ils nous apportent un soutien indéfectible.

Vois-tu ma petite femme je suis fier d’avoir parcouru tout ce chemin à tes côtés. Je suis fier de ce couple fusionnel que nous sommes devenus.
Saches que je t’aime comme au premier jour et que je serai toujours là à tes côtés pour te soutenir.
J’espère que tu es comblée mais si j’aimerais tant faire mieux encore.
Je t’aime ma douce

Ma belle Océane c’est ton tour.
Comme pour ta maman j’aurais aimé que ta vie soit différente, mais ces foutus handicap sont venus remettre beaucoup de choses en cause.
Je te rêvais coureuse de 400m, violoniste, médecin, malheureusement de l’enfant idéal il a fallu faire deuil.

Souvent je me pose la question : quelle aurait été notre vie si tu avais été « normale ». Peut-être nous aurais-tu fait des crises d’ado. Peut-être nous ne nous serions pas entendus.
Aujourd’hui, tu es mon petit oiseau que je mets sous mon bras pour te protéger. Nous sommes tellement fusionnels Tu es si fragile mais en même temps une telle tornade. Aujourd’hui avec ta maman et tes petits frères, mais également l’ensemble de la famille et les amis, nous nous battons pour que tu ais une solution quand nous partirons rejoindre les étoiles, car il faut que tu saches que c’est ce qui nous fait le plus peur, ta maman et moi : ne pas te savoir en sécurité et bien quand nous partirons vers l’au-delà.
C’est le sens de notre vie aujourd’hui. Mais il faut que tu saches autre chose c’est que le jour où la solution viendra, avec ta maman nous serons dévastés de te laisser partir vers ta nouvelle vie, car nous aurons l’impression de t’abandonner.

Une autre chose nous angoisse, c’est de te voir partir avant nous. Si tu savais comme nous avons peur d’ouvrir ta porte de chambre quand pour une fois nous ne t’entendons pas.
Vois-tu ma fille, même si c’est dur, très dur de te voir ainsi, pour rien au monde je ne changerai ma vie.
Grâce à toi, nous appréhendons la vie et les problèmes d’une autre façon. Grâce à toi nous avons fait la rencontre de gens magnifiques, dont mon meilleur ami. Tu nous as fait faire des choses délirantes et monter des projets incroyables.
Pour cela nous ne remercierons jamais assez.
Ma fille tu es la personne qui compte le plus pour moi. Il ne se passe pas une minute sans que je ne pense à toi.
Tu fais partie de moi, tu es mon moteur et je suis certain que dans les moments difficiles de ce défi du grand colombier, car il y en aura certainement, je penserai à toi et je relativiserai : ce ne sera rien comparé à tes difficultés, et j’avancerai encore et encore pour que tu sois fière de ton papa.
Comme Jean-Jacques en son temps ton prénom viendra rythmer mes coups de pédales. Je t’aime tendrement mon petit cœur des îles, ma princesse

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