Samedi 14 juin 2025, 5h le réveil sonne.
Après une courte nuit de sommeil, suite à notre participation à la course la Stéphanoise pour emmener Océane sur sa belle joelette, accompagnés par Chrystelle, Virginie, Emerick et Olivier, avec comme supportrices Chala et Sylvie, nous tombons des plumes ma chérie et moi.
Nos garçons et notre pépette dorment encore du sommeil de l’enclume. Nous nous préparons en silence pour ne réveiller personne et quittons la maison sans oublier de leur déposer un bisou sur le front. Pendant trois jours nos deux garçons auront la charge de s’occuper de leur sœur, épauler par mamie et papi. Un grand merci à eux
Après avoir chargé notre nécessaire pour ce tour de la Loire dans la voiture, nous voilà partis pour Fraisses, en passant par Chambles et le Pont du Pertuiset. Le jour est bien levé. Nous arrivons chez Jean-Yves et Barbara où nous attendent également Pierrot et Anaïs. Après un petit café et la voiture suiveuse chargée, nous enfourchons nos bécanes et nous voila partis pour cette belle aventure : le tour de la Loire au plus près des limites.

Direction donc Le pont du Pertuiset et la montée de St Maurice en Gourgois. Une belle entrée en matière. Nous partons prudemment et au détour d’un virage, notre assistance, les belles Chala et Barbara sont déjà là à nous photographier.

Arrivés sur le plateau, nous voyons venir à notre rencontre les fidèles des fidèles à notre association, la grande silhouette de Stef Juban, pièce angulaire de l’organisation de la Corrida du pic de St Romain le Puy, et Gaël Favier grand artisan des événements sportifs à st Hilaire Cusson la Valmitte, dont un fabuleux trail.
Nous cheminons sur le beau plateau à une altitude qui varie entre 800 et 1200m, et qui sera celle de cette première étape quasiment tout le temps. Nous traversons, les villages les uns après les autres jusqu’à arriver à Usson en Forez. Il fait beau, la température est clémente.
A la sortie du village, le téléphone sonne. C’est notre ami Tony Daurelle, organisateur de l’Icio trail :
« Salut Stef, vous êtes où ?
– A la sortie du village direction Estivareille.
– J’arrive vous passez par où ?
– On va prendre la route de La Chaulme
– Ok »
Au croisement Tony nous rattrape. Nous échangeons quelques mots et reprenons notre périple.
Le paysage est magnifique, sur des routes que je connais par coeur. Nous rencontrons peu ou pas de circulation. Bref passage au col des Limites puis de la croix de l’homme mort où Stef nous abandonne. A bientôt Stef nous aurons d’autres aventures à mener ensemble. Nous redescendons alors sur Montbrison, et arrivés à Verrière prenons la route de Lérigneux, Roche en Forez, où à son tour Gaël nous abandonne. Merci Gaël pour ce bout de chemin fait avec nous. Tu m’as impressionné à tordre les pédales comme tu le fais en emmenant des braquets que peu n’emmènent.
Nous voila à nouveau réunis les quatre mousquetaires, Athos (alias Pierrot) Aramis (alias Jean-Yves) Portos (alias Stéphane) et Dartagnan (alias Anaïs). Passage à Courreau et descente sur le Pont de la pierre, lieu de fabrication de la célèbre fourme de Montbrison, avant de remonter sur Sauvain, un très joli village à visiter.
Nous prenons la direction de Chalmazel et ses pistes de ski, où les habitants de la Loire et de Navarre viennent skier l’hiver et se rafraichir l’été.
C’est ici que nous ferons notre pause méridienne. Mais avant celle-ci, énigme de la technologie alors que nous avons la même trace informatique, le gps de Pierrot le fait tourner à droite alors que nous sommes devant et qu’il faut aller tout droit. Branlebas de combat, coup de téléphone :
« Pierrot, il faut faire demi-tour tu t’es trompé. »
Je fais demi-tour pour aller le chercher, tandis que Jean-Yves et Anaïs continuent.
Finalement tout rentre dans l’ordre et nous pouvons manger sereinement avec Nicolas Magnin et son ami Jerôme Padel venus, eux aussi nous accompagner un moment.

Nous reprenons notre tour, passons devant le beau château de Chalmazel et entamons l’ascension du col de la Loge, un col long mais pas très pentu. Rapidement Nico montre des signes de fatigue. Il faut dire qu’il a passé une bonne partie de la nuit à servir des repas dans le beau restaurant familial roannais : « Demain charrette » qu’il faut absolument découvrir et où nous serons reçus au soir de la première étape : une cuisine de tradition.
Mon Nico il faut que tu penses un peu à toi et te reposer.
Au passage au col de la Loge nos deux accompagnateurs repartent vers le domicile et nous continuons notre chemin.

La descente sur Noirétable se fait à vive allure. Nous retrouvons alors Thierry, le papa d’Anaïs qui va nous accompagner jusqu’à Ambierle, faisant au passage une étape de 150km. Nous arrivons vite à Chabreloche où le gps nous fait prendre une petite route à droite. Et là quelle surprise. La route se cabre 8-9-10-12 et même 19% dans le village d’Arconsat. Ah ça pique les jambes !!
Nous sortons du village et la pente devient moins sévère mais ne descend rarement en dessous de 6% sur les 6km du col de Charme, où il commence à faire très chaud et où le goudron fond.
Nos petites femmes nous attendent en haut. En cours de montée Jean-Yves nous dira avoir été obligé de s’arrêter, pris par un coup de chaud pour plonger dans un ruisseau, où il avait pieds, afin de se rafraichir.

Après ravitaillement, nous repartons direction la Loge des gardes, lieu de passage du dernier Paris-Nice. Un joli col boisé, pas facile mais agréable et régulier. Au sommet, papa et maman sont venus nous attendre.

Nous prenons une photo, où papa ne manque de faire quelques facéties en grimpant, à 85ans, sur une barrière. Cette âme d’enfant qui le suit depuis toujours le maintient en forme. Reste comme tu es mon papa, tu as toujours été et sera toujours un modèle de bon vivant. Et maman toujours aux aguets à le materner et le protéger. Reste comme tu es également ma maman, mon encyclopédie, ma personne dévouée, toujours prête à aider et à donner des conseils avisés.
IL ne reste plus qu’à terminer cette belle balade dans le Livradois forez guidés par Thierry et Anaïs de retour sur leurs terres.
Nous arrivons à Ambierle et sommes accueillis dans l’auberge du village : l’auberge Lancelot.
L’hôtesse et l’hôte sont géniaux et super sympa, les chambres super bien aménagées, et le petit déjeuner incroyablement bon. A coup sûr nous y retournerons.
C’en est fini de cette belle première journée.
Le lendemain matin nous nous levons sous un ciel bien bas et gris. Il a fait orage et plu dans la nuit. Les températures ont bien baissé et il fait frisquet.
Nous enfourchons notre petite reine et partons, direction l’extrême nord du Département. Le vent souffle assez fort et nous l’avons dans le nez au départ. C’est l’architecture de nord Loire qui marquera nos esprits et qui est tout à fait différente de celle que nous connaissons dans le sud. Une architecture inspirée de celle que nous trouvons dans le bourbonnais, terre d’origine de mes grands-parents maternels. Nous y trouvons de grandes bâtisses avec d’immenses toits hauts, quelques fois agrémentés de tuiles de couleurs. Parfois nous apercevons des maisons à colombages comme le clocher d’une église d’un village que nous traversons.

Après une heure de tour de manivelles, l’orage gronde et éclate. Pendant une heure de temps nous allons prendre quelques litres d’eau sur le coin du museau jusqu’à ce que nous arrivions à Charlieu où nous attendent nos petites femmes et le beau Ghaïs où il a aménagé avec sa belle Sarah et leur petite fille.
Mon Ghaïs, il faut que je te dise, c’est toujours un super moment quand je te vois, et à chaque fois c’est une belle partie de rigolade. J’aimerais tellement que vous puissiez à nouveau nous accompagner, sur ces défis avec ton papa, pour qui j’ai une immense amitié.

Nous laissons partir l’averse et repartons de plus belle, avec le vent favorable.
Les kilomètres s’enchainent sur un rythme soutenu et arrivons du côté de Lay. Au stop nous laissons passer un couple et leur demandons, avec Jyjy où se trouve la fabrique de chips. La dame se prend au jeu et nous répond au prochain carrefour, tout droit dans le champ de patate. Une discussion insolite s’engage. La dame nous demande d’où l’on vient et le Monsieur lui répond :
« Regarde la couleur de son maillot et de son vélo : vert. A ton avis d’où viennent-ils ? »

Nous remontons alors le passé et échangeons nos différentes expériences vécues dans le Chaudron. Nous parlons bien évidemment des verts de 76 avant de reprendre la route.
De loin nous entendons la dame nous dire toujours sur le ton de l’humour :
« Vous ne voulez pas un paquet de chips ? »
Nous lui faisons un signe de la main, comme un aurevoir.
Après un kilomètre nous arrivons sur la nationale 7 peu fréquentée en ce dimanche, mais un petit peu quand même.
Quelle purge cette grande route large que nous allons suivre pendant au moins 10 km et en montée.
Enfin nous arrivons au croisement de la route qui va nous mener jusqu’à Cour la ville. Nous attendons Pierrot qui est dans le dur. Il faut dire que depuis quelques semaines il pioche et n’a guère eu le temps de se reposer avec la préparation et l’intendance des repas du marathon de la bière, événement incontournable du printemps montbrisonnais. Il est cuit le bougre et nous dit qu’il va finir l’étape mais que le lendemain il ne repartira pas et rentrera directement, ce qui me peine un peu, pour lui d’abord car je sais qu’il aurait aimé aller jusqu’au bout, mais il faut être raisonnable et écouter son corps. Et pour nous car Pierrot est vraiment de bonne compagnie et un vrai bout en train.
Bref, après l’avoir réconforté, nous abordons la descente vers Cours la ville où nous attend une belle table dressée par nos belles accompagnatrices.
Repas pris nous repartons, et franchement je n’ai guère de souvenirs sur cet après-midi de deuxième journée. La vallée n’est pas très jolie et nous roulons d’un bon rythme nous laissant peu de temps d’admirer le paysage. Nous arrivons alors à Violay et passons au pied de la tour Matagrin, avant d’enchainer les montées et les descentes pour arriver à Panissière. Plus que quelques kilomètres, un passage par le joli village de Cottance et nous pénétrons dans Rozier en Donzy où nous sommes accueillis comme des princes à l’auberge des Pierres folles.
Là nous rejoignent Dominique, Mariange et Patrick. Je dois vous avouer que j’ai attendu ce moment toute la journée car je sais que ça allait être un diner d’une franche rigolades, ce qui l’a été.

Pendant le repas nous échangeons avec notre hôtesse qui est une ancienne éducatrice spécialisée. Elle nous partage son expérience auprès des personnes autistes.
Elle nous présente son fils porteur d’un handicap invisible. Un fils dont elle est fière, fin sommelier et grand connaisseur de bière, qui nous conseillera sur les bières à choisir pour l’apéritif. Notre hôtesse nous expliquera alors le fonctionnement de sa cave, et l’origine de tous ses produits : tous d’origine du terroir et essentiellement locaux.
Au menu nous sera servi une assiette périgourdine très copieuse, un filet de veau fondant dans la bouche servi avec une sauce blanche, un gratin dauphinois et une purée de navet d’une saveur incroyable, une faisselle qui me rappellera celle de mon enfance (avec du goût !!) et enfin un fraisier fait maison. Un vrai régal. Vraiment mes amis cette table vaut le détour. Nous sentons la passion dans ce repas.
Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, la redécouverte des goûts et saveurs d’antan continuera avec le petit déjeuner : un pain croustillant, un beurre avec le goût d’autrefois, des confitures de fraises, de mirabelles faites maison et bien entendu la pate à tartiner fabriquée à Civens.
Vraiment un grand merci à nos hôtes. Mais il est temps d’enfourcher nos bicyclettes pour la dernière étape de notre périple ligérien, jalonnée, une nouvelle fois, de surprises. Après une dernière photo et un aurevoir à la propriétaire des lieux nous nous éloignons. Pierrot part de son côté et ça nous fait un grand vide. Rozier en Donzy n’est pas si loin, nous reviendrons. Avec Océane cette fois-ci.

Le départ est laborieux. Il nous faut remonter à Panissière. Mais comme me dit Jean-Yves, nous revenons en terres connues, routes et contrées sur lesquelles nous avons l’habitude de cheminer à vélo.
Sur cette étape il n’y aura jamais de plat. Un enchainement de côtes et de descentes à travers les monts du lyonnais. Avec Jean-Yves nous avons décidé de rouler ensemble tout le long de cette longue étape, chose qui sera respectée à de rares exceptions faites. Nous passons dans des villages connus : Essertines en Donzy, St Martin Lestra, Virigneux, Maringes puis arrivons à Chazelles sur Lyon. Nous descendons alors direction du pont français puis passons au pays du saucisson Cochonou à St Symphorien sur Coize, avant d’entamer la remontée sur Marcenod où nous attend une surprise de taille, à savoir la présence de Dominique Garde et de Pascal Clouvel qui vont nous accompagner pendant 100km.

Les kilomètres et les villages vont alors s’enchainer à vitesse grand V sous les histoires de Pascal et Dominique. Un passage du côté de St Martin la Plaine et son célèbre zoo, avant de filer vers Saint Croix en Jarez et Pavezin où nous ferons la pause méridienne.

De retour sur nos vélos nous entamons la descente vers Bourg Argental après être passé par Pélussin, ville qui héberge le célèbre club cycliste où est licencié Dominique, qui a sorti un bon nombre de cyclistes du peloton professionnels dans les année 80. Pélussin, terre de cyclistes mais également de pommes dont plusieurs hectares sont exploités par la famille Garde. Toujours avant d’arrivée à Bourg Argental, nous passons dans un autre village de fabrique de saucisson : Maclas terre des salaisons Justin Bridoux.
La côte de St Julien Molin molette est passée régulièrement et nous entamons alors l’ascension du tracol qui nous amènera à plus de 1000m d’altitude.
Arrivés à 1km de St Régis du coin, Dominique et Pascal nous quitte après la dernière photo et nous laissons nos petites femmes filer vers l’arrivée.

Le plateau de Malmont se fera avec le vent dans le nez où nous jetons nos dernières forces avant de plonger vers Firminy, où nous retrouvons la civilisation, la circulation et son flot incessant de voitures avec au volant quelques excités qui ne supportent pas les cyclistes même en file indienne.
Enfin nous sortons de ce bruit assourdissant de moteur thermique et cette odeur de gaz d’échappement pour arriver à Fraisses où un charmant comité nous attend, composé non seulement de nos petites femmes mais également D’Andréa et Marylou les filles de Barbara, Chrystelle, Sylvie, Janette, Séverine, Pascale et Pierrot, venu nous accueillir et féliciter.
Merci à tous, cela nous a touché et j’ai versé ma petite larme dans les bras de ma belle Chala.

Après l’apéro servi par Jean-Yves Barbara et le fameux saucisson de Pierrot dégusté, il est temps de rentrer à la maison retrouver nos garçons, mais pas notre petite Océane qui est au centre. Je suis un peu nostalgique. Elle va vraiment me manquer pendant une semaine
Quelle expérience et quel moment inoubliable j’aurai vécu sur ce tour de la Loire. A aucun moment je n’aurai cru faire du vélo avec Dominique Garde ou, Pascal Clouvel, quand plus petit je les regardais à la télé, lorsqu’ils participaient au tour de France ou aux championnats de France de 5000m.
Croyez moi, c’est vraiment un grand privilège de pouvoir partager ces moments avec tous ces champions nationaux et régionaux. Je les regarde avec admiration. Je les écoute parler pendant des kilomètres et des kilomètres, insatiables, de leur passion, de leur longue expérience et de leur brillante carrière, à livre ouvert. Tout au long de ce long périple il n’y a pas un endroit où Jean-Yves et Pierrot ne soient pas aller soit courir soit participer à une course de vélo. Il n’y a pas un endroit où ils n’aient pas une anecdote sur un fait de course à laquelle ils aient participer : ici une victoire, ici un abandon, ici le rappel d’un ancien grand nom du sport ligérien.
Et sur le sud du Département il n’y a pas une route que Dominique ne connaisse pas, tant il a cheminé sur ces belles routes départementales. Je suis admiratif de ça.
Vraiment les amis sur ce tour de la Loire j’en ai pris plein les yeux et les oreilles. Des souvenirs que je garderai à jamais dans ma petite tête. Moi qui ai toujours rêvé d’avoir le niveau sportif de toutes ces personnes qui m’ont accompagné sur ce tour de la Loire, à côté desquelles nous nous sentons tout petit tellement le palmarès et l’expérience est immense.
Une chose est sûre également c’est que notre petite Anaïs, qui nous a accompagné durant ce périple aura elle aussi, quand elle aura traversé toutes ces années et atteint notre âge, beaucoup de choses à raconter aux jeunes. Elle qui est en train de se construire un très beau palmarès.